Je connais déjà ce texte et veux demander un tirage…
Note de l’éditeur : les prétendues notes de l’éditeur ci-dessous sont de la main de l’auteur.
Note de l’éditeur : le texte, anonyme, est daté du premier juin 1975. Il était accompagné d’images semblant être le fait d’une main autre que celle de l’auteur, lesquelles ont été numérisées et sont disponibles lors d’un tirage.
Quand, sous les Chercheurs d’Ignorance [de 1070 GB à 204 GRT], se développa l’usage du Tarot Divinatoire, ce fut un véritable bouleversement des mœurs, tant individuelles que publiques. Il n’était pas rare, en effet, que toute décision ayant une portée importante soit prise après consultation des cartes. La vie politique des Royaumes Semi-libres semblait alors réglée sur les lames du Tarot Divinatoire et de leurs arrangements, dont nul n’a jamais été assez fou pour déclarer qu’ils étaient seulement dus au hasard.
Importé du
Royaume de Haam III par les
Faux Prêtres de la Religion Officielle, il s’est rapidement répandu à travers les classes hautes de la société, tels les
Bourgeois Délaissés. Ceux-ci à leur tour, après l’attentat contre
Sqä XXIII [en 1189 GB], qui permit leur intronisation comme
Gardiens des Finances, le firent connaître à l’
Empereur. De là, ce fut comme une traînée de poudre. Malgré les protestations des
Thaumaturges, son emploi devint systématique dans les milieux jusqu’alors plus réticents à l’encontre de telles pratiques, telle l’
Armée Non Officielle, l’
Université Aléatoire Impériale, et peut-être même le
Gouvernement des Douze Moins Un.
L’édit proclamant la guerre contre les
Nations Civilisées de L’Est [le 21 KJL], signé de la main d’
Heinrich V Blabi (ce qui ne serait qu’un simple a-chronisme habituel si ce nom n’était pas aussi celui d’une des Lames), commence par la formule alors consacrée : « Par respect de la décision des Lames… ». En [126 MTG], cependant, toute trace du
Tarot avait disparu des
Archives. Diverses hypothèses tentent d’expliquer cette disparition brutale d’un jeu si populaire, qui avait même été inscrit dans la
Constitution au rang d’
Organe de Puissance, mais aucune n’y parvient de manière pertinente. Il semblerait que cette disparition coïncide avec la transformation des
Thaumaturges en
Nonnes du Gibet [vers 56 ML].
Il a fallu des recherches minutieuses pour vous offrir aujourd’hui ce
Tarot Virtuel tel qu’il était pratiqué au VI
e siècle avant
Hjeena. Le principe en est simple : le tirage se fait dans le respect de la
Révélation Interne Classique, chaque carte indiquant, de haut en bas et de gauche à droite :
[Adjuvant distant]
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[Adjuvant proche]
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[EGO]
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[Opposant passif]
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[Opposant actif]
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- l’Adjuvant distant : puissance ou entité veillant discrètement et par action différée sur la personne consultant l’Oracle ;
- l’Adjuvant proche : puissance ou entité propitiatoire et apotropaïque influençant directement la vie du consultant ;
- Ego : puissance ou entité représentant symboliquement le consultant. Beaucoup n’accordaient aucun crédit à cette carte, considérant que, par sa portée symbolique, elle n’était représentative d’aucune réalité mais devait être comprise comme l’image d’une image qui nous reste invisible. Pour plus de renseignements, consulter Finesse et pâmoison d’Oðric Atawaltanën ou l’ensemble des œuvres du collectif « Entrelacs » ;
- l’Opposant passif : puissance ou entité dont la présence même joue contre les désirs et les actions du consultant, sans volonté expresse de nuire ;
- l’Opposant actif : puissance ou entité agissant spontanément contre le consultant.
Chacune des 35 cartes présentait la même facture : une image représentant la lame suivie de son nom et d’une citation plus ou moins longue et plus ou moins en rapport avec l’image. Les dessins semblent tous provenir de la même main, bien qu’aucune preuve convaincante n’ait pu être apportée pour le confirmer. Leur tracé exact a été conservé dans les
Annales des Nonnes du Gibet, ce qui a permis leur restitution plus de trente cycles après leur destruction. Noter que ─ très étrangement ─ les images ne respectent pas un format défini : il n’était donc pas possible de les tenir en main sans révéler, par leur taille, leur identité. Enfin, les lames font référence à une cosmogonie complexe dont on sait que les
Nonnes du Gibet ont volontairement altéré la teneur (à moins que ç’ait été le cas dès les commencements du Tarot). Trois des lames sont enseignées comme fausses depuis les premiers temps des dynasties cryptogamiques occidentales [208 HTR-753 AJC]. Le fait que les sources ne s’accordent pas ajouté à celui que l’identité des fausses lames devait rester secrète même parmi les initiés, auxquels on mentait ouvertement, ne permet pas d’en dire plus. Un essai sur la question existe, qu’on trouvera dans toute bonne bibliothèque, c’est le tome XII de la
Chrestomatie d’apologie pratique, « Du Tarot divinatoire comme d’une propédeutique » (les chapitres 12.45.27 à 9.788 étant les plus pertinents).
Vous pouvez, si l’expérience vous tente,
demander un tirage. Celui-ci respecte la
Charte Divinatoire de [705 GJT] et ne peut être effectué plus d’une fois tous les deux jours. L’interprétation des cartes est laissée à la discrétion du consultant, en application de la
Charte.
Si vous disposez d’un passe-droit de rectification fréquentielle vous permettant de consulter l’un des oracles reconnus par la Charte plus souvent, veuillez en avertir l’Officiant, qui vous fournira un accès non réglementé.